LA LETTRE CACHÉE DU SOLDAT DOBLIN
Lors de la capitulation de 1940, un fantassin français se donna la mort dans le village vosgien d’Housseras. Quatre ans après, il fut identifié comme « soldat Döblin, Vincent ». Mais sa véritable identité, sa vie et son histoire ne seront découvertes que bien plus tard : il s’agissait du mathématicien Wolfgang Döblin, l’un des fils du célèbre écrivain allemand Alfred Döblin (« Berlin Alexanderplatz ») qui, juif et antinazi, avait dû fuir l’Allemagne avec sa famille en 1933. Naturalisé en 1936, Wolfgang Döblin poursuivra pendant son service militaire et dans les conditions extrêmes de la « drôle de guerre » ses recherches sur les « mouvements aléatoires » en probabilités. Ses derniers manuscrits, parvenus comme ‘pli cacheté’ à l’Académie des sciences de Paris en février 1940, ne pourront être étudiés qu’en 2000. Ses travaux, très en avance sur son temps, le placent aujourd’hui parmi les grands innovateurs du calcul probabiliste moderne, ces « mathématiques du hasard ».